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Communiqué de l'UFISC sur le PLF 2018

Menaces sur la diversité culturelle

- communiqué de l'UFISC sur le projet de loi de finance 2018 -

 

Ces derniers temps, un vent menaçant souffle sur la diversité des initiatives artistiques et culturelles.

Après l'annonce brutale et catastrophique de la fin des contrats aidés aidés pour les associations culturelles et l'inadaptation de la mise en œuvre du fonds pour l'emploi dans le spectacle (FONPEPS), générant une sous-utilisation des dispositifs, la lecture du projet de loi de finances 2018 finit de nous alarmer quant aux directions prises par le gouvernement.

Comment l'État peut-il concilier sa volonté affichée de défendre la diversité artistique et culturelle, de promouvoir l'implication des citoyens dans les projets et l'équité sur les territoires, alors que le renforcement de la concentration des moyens et des principes de marché concurrentiel semble dominer ses orientations ?

Le budget du ministère de la Culture, comme d'autres dans la politique de la ville, les politiques associatives ou de l'économie sociale et solidaire, devrait traduire une ambition de transformation au service d'une réduction des inégalités, d'une plus grande solidarité et d'un renouvellement démocratique.

Pour les structures citoyennes de terrain, une « double peine »

Or dans un contexte où les financements publics aux collectivités territoriales s'amenuisent et où plusieurs dispositifs soutenant des milliers d'initiatives citoyennes qui œuvrent au plus près de nos concitoyens sont remis en cause, force est de constater que les programmes 131 et 224 de la mission culture, censés réinventer les politiques, oublient une fois de plus la dynamique citoyenne, qui naît des territoires.

Si la ligne 131 dédiée à la création montre une très légère augmentation, nous ne pouvons que constater la baisse des soutiens dédiés à l'ensemble des dispositifs de subvention aux structures de création et de diffusion non labellisées, des équipes artistiques aux lieux intermédiaires, en passant par les festivals ou les aides à la résidence. Or, ce sont déjà ces mêmes structures, les plus fragiles, qui subissent le plus durement la suppression des aides à l'emploi, parfois cumulées aux ruptures de partenariat avec les collectivités territoriales.

A l'opposé de l'ambition affichée : une uniformisation annoncée

Le programme 224 qui s'ouvre à de nouvelles mesures concernant la proximité et l'équité territoriales, l'éducation artistique et culturelle, les pratiques de la jeunesse ou l'itinérance semble refermer immédiatement ces chemins à mettre en commun pour revenir à des habitudes de « labellisation », d'expertise sur l'« excellence », et à un portage restreint et institutionnel, niant la diversité des pratiques conduites depuis si longtemps par les structures de terrain.

Car ces initiatives citoyennes, persévérantes et volontaires, ont développé une pluriactivité professionnelle, une hybridation des actions, conscientes que l'ambition des droits culturels, dont elles sont porteuses, nécessitent des décloisonnements coopératifs, la confiance en l'implication des personnes, la nécessaire attention à renouveler les formes de relation et de partage artistique et culturel. Or elles commencent déjà à disparaître, et avec elles, une culture populaire s'éteint doucement, qui constitue pourtant le socle des liens entre les personnes sur les territoires.

Ainsi donc, en continuant sur cette voie, rapidement la France aura d'un côté les grandes institutions culturelles, qui ont leur importance, et de l'autre côté ce que nous voyons arriver depuis un moment déjà : des grandes entreprises de l'Entertainment, à but lucratif, qui ne commercialiseront sur les territoires que des spectacles formatés, sans prise de risque, à des tarifs qui ne permettront qu'à une petite frange de nos concitoyens de consommer cette offre.

Exit le développement artistique, exit l'ouverture aux personnes et à la dimension citoyenne, exit les projets de territoire développant de l'intelligence collective et de la coopération inter-sectorielle.

Alors que s'ouvre le processus d'action publique 2022, dont nous mesurons les risques pour notre modèle social et les services publics, en particulier en matière culturelle, et qui témoigne une fois de plus, d'une méthode brutale qui abandonne l'idée de concertation avec la société civile citoyenne, nous réaffirmons une vision politique fondée sur les droits humains et la redistribution publique et démocratique.

Soutenir la diversité

L'Etat a plus que jamais son rôle à jouer dans l'exercice conjoint avec les collectivités territoriales d'une responsabilité en matière culturelle, fondée sur l'exigence du respect de la diversité culturelle et des droits culturels.

C'est pourquoi nous appelons à réinventer les politiques publiques, comme affirmé dans notre Lettre Ouverte au Président de la République : «Les droits humains au cœur de la république pour un vivre ensemble solidaire» .

L'Etat comme les collectivités territoriales doit pour cela prendre en compte les structures d'économie solidaire qui inventent une nouvelle économie politique. Elles poursuivent des buts autres que la lucrativité et doivent être soutenues dans l'organisation de solidarités en actes.

Elles mènent une pluralité de projets, espaces ouverts, lieux de vie et de travail, de passerelles entre les personnes, travaillent dans le sens de l'émergence et au soutien à la liberté d'expression artistique, créant des réseaux coopératifs territoriaux, entre pairs, favorisant une diversité si précieuse pour renouveler notre idée de l'universel. Elles ne cessent d'innover en terme culturel, social et économique, de créer, de se remettre en question et d'adapter leurs projets à une vision plus juste du monde dans lequel elles se projettent.

Nous attendons de l'État plus de cohérence entre le discours et les actes, une plus grande reconnaissance et un meilleur soutien à la diversité des initiatives sur tous les territoires. Cela doit se traduire par une modification du budget 2018, et notamment pour la culture des lignes 131 et 224. Cela doit se poursuivre par une coconstruction permanente des politiques publiques avec l'ensemble des acteurs et des collectivités territoriales.

 

Les organisations membres de l'UFISC.

 

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